Les d'Houry : une dynastie de libraires-imprimeurs de médecine à Paris (1649-1790)

TitreLes d'Houry : une dynastie de libraires-imprimeurs de médecine à Paris (1649-1790)
Type de publicationThèse
Année de publication2014
AuteursAnne Boyer
Auteurs secondairesFrédéric Barbier
Academic DepartmentÉcole pratique des Hautes Études. Ecole doctorale 472 : mention Histoire, textes et documents
DegreeThèse de doctorat
Résumé

Originaire d'un village près de Compiègne, Jean, après un temps d'apprentissage à Paris, s'installe sur le Pont-Neuf,  en 1649, à l'instar de nombreux de ses confrères. Il épouse une fille de libraire, Madeleine Beauplet, puis commence à publier des ouvrages d'hermétisme, et de médecine avec son fils Laurent. Il marie une de ses filles avec un libraire, nommé Jombert, dont les descendants constitueront une lignée d'imprimeurs-libraires renomméee. Son fils Laurent, épouse la fille de la femme de chambre de la chancelière Le Tellier, Elisabeth Dubois.
Michel Le Tellier, le chancelier, lui accorde le privilège de l'Almanach Royal, qu'il publie d'abord en 1684, puis sous sa forme définitive en 1699. Laurent a choisi pour sa part d'éditer des livres médicaux, qui feront de lui, le libraire parisien spécialisé en livres de médecine de Paris. Outre de nouveaux liens sociaux, grâce à son mariage, Laurent a dû fréquenter les cercles scientifiques qui florissaient à Paris entre 1600 et 1700. Le contexte socio-culturel de l'époque est favorable aux sciences : création du Jardin du Roi, de l'Académie des Sciences, début du " Journal des Savants ". Cependant il a du mal à obtenir une place d'imprimeur, car la corporation limite leur nombre.
Dans une première partie de la thèse, nous étudierons donc la vie familiale de Jean ainsi que sa production. Puis nous nous consacrerons à Laurent : son mariage, ses protections, sa production mise en relation avec celle de l'époque. Nous évaluerons dans une partie ses liens avec la corporation des libraires, avec ses confrères, ses apprentis, puis à ses déboires pour obtenir une place d'imprimeur, et à ses presses. Nous situerons l'évolution des d'Houry dans le contexte socio-culturel de l'époque, les médecins, chimistes ou apothicaires publiés par ses soins, les privilèges et permissions qu'il a obtenus. L'étude matérielle des livres fera l'objet d'une étude spécifique.
Le dernier chapitre de cette partie sera consacré aux inventaires après décès de Jean et de Laurent : ils nous permettront de dégager les aspects essentiels de la culture matérielle du libraire.

La seconde partie traitera du fils de Laurent, Charles-Maurice (1688-1755) et de son petit-fils, Laurent-Charles (1717-1786). Tout d'abord, Charles-Maurice et Laurent-Charles épousent des filles de marchands, qui ne sont pas des libraires. Nous ferons une étude des liens familiaux et amicaux. Ensuite, le privilège de l'Almanach Royal donne lieu à des conflits à la mort de Laurent, entre la mère et le fils, mais également avec l'imprimeur-libraire Jacques Collombat. Un chapitre traitera donc de l'ouvrage et des problèmes qui en découlent.
Suite aux différends avec sa mère et son neveu, André-François Le Breton, Charles-Maurice oriente son imprimerie vers l'impression de factum. Nous verrons la place qu'ils occupent dans la production des d'Houry et étudierons quels types de factum la famille a publié. Ensuite nous nous pencherons sur l'imprimerie de Charles-Maurice et de Laurent-Charles, leurs presses, leurs apprentis. La veuve de Charles-Maurice prend une nouvelle orientation dans l'édition de livres. Quelle est-elle ? Par la suite, elle vend son imprimerie et ses presses à Nicolas-Léger Moutard : à quel prix, quelles en sont les conséquences ?
Laurent-Charles, quant à lui, s'oriente vers la littérature et les livres de voyage. Nous étudierons sa production et également les livres qu'il imprime pour les confrères. Il rachète également de nombreux fonds de librairie, qui donnera lieu à une étude.
Ensuite, seront étudiés sous l'angle matériel les ouvrages publiés par Charles-Maurice et par Laurent-Charles. Un chapitre traitera des privilèges et permissions qu'ils ont reçus, des partages avec les confrères. Un autre chapitre sera dévoué à la diffusion des ouvrages (catalogues) et à leur réception à travers le " Journal des Savants " et le " Journal de la librairie ".
Puis nous verrons qu'André-François Le Breton, malgré les brouilles familiales antérieures, lègue une partie de son héritage à Laurent-Charles. Une étude comparative des inventaires après décès de Charles-Maurice, de Laurent-Charles et d'André-François Le Breton prendra ici sa place.

Une troisième partie sera consacrée à la place des femmes dans la librairie, avec notamment un point sur l'ambition des veuves et la reprise d'Anne-Charlotte, fille de Laurent-Charles. Ce dernier, avait eu une aventure extra-conjuguale, ce qui donnera lieu à un procès à son décès.
Sa fille se marie avec un libraire très ambitieux, ce qui déclenche, non seulement la faillite de la librairie de nos protagonistes, mais également une série de faillites dans le monde de la librairie. Cela donnera lieu à un chapitre qui mettra en valeur la lourdeur des investissements, les comptes de la faillite et ses conséquences. A la Révolution, après avoir divorcé de son premier mari, Anne-Charlotte se remarie, mais divorcera à nouveau très vite, ce qui entraînera l'extinction de la libraire d'Houry. Nous étudierons également ce qu'il advint d'Anne-Charlotte au XIXe siècle.